Italie
Résidence de recherche à Marseille
Projet de recherche est soutenu par Strategia Fotografia 2025,
promu par la Direction générale de la créativité contemporaine du ministère italien de la Culture.
Du 9 mai au 7 juin 2026

Giulia Iacolutti explore, à travers la photographie, la performance, la vidéo et les pratiques participatives, des formes visuelles qui remettent en question les schémas relationnels normatifs.
Elle a obtenu un master en économie de l’art à l’université Ca’ Foscari de Venise (2010), puis s’est formée en photographie et vidéo scénique à l’Accademia del Teatro alla Scala de Milan (2012), avant de poursuivre une formation en narration visuelle à la Fondation Pedro Meyer à Mexico (2015). En 2017, elle reçoit une bourse du Museo Archivo de la Fotografía (Mexico) pour participer au programme Incubadora de Hydra+Photographia.
Son travail a fait l’objet d’expositions personnelles et collectives en Italie et à l’étranger, notamment à la MART Galleria Civica (Trente), à Kunst Meran (Merano), au PAC et à la Triennale (Milan), au MUNAF (Cinisello Balsamo), au MUAC (Mexico), à la Galleria Akademija (Vilnius), au Goriški Muzej (Nova Gorica) et à Show L.A. (États-Unis). Ses photographies font également partie de l’exposition No Place Like Home. Italian Photography since the 1980s, commissariée par Ralph Goertz et présentée dans des institutions allemandes telles que la Kunsthalle Darmstadt, le Schauwerk Sindelfingen et la Draiflessen Collection.
Son œuvre est présente dans des collections publiques et privées, parmi lesquelles la Collection Donata Pizzi (Rome), le MUNAF (Cinisello Balsamo), le Fondo Malerba (Milan), la Bibliothèque de la Galleria Nazionale (Rome), le Goriški Muzej (Slovénie), les Musei Civici di Udine et le Sistema Museale dell’Università di Trieste.
Parmi ses distinctions figurent Metamorfosi 2025 (Institut culturel italien de Prague), le Prix Mila 2024, OMNE Land 2023, le Prix Paolo Cardazzo 2021 et le Prix Bastianelli 2020. Elle a bénéficié de financements publics dans le cadre de programmes tels que Strategia Fotografia 2025, PAC – Piano per l’Arte Contemporanea 2023, Refocus 2020 (ministère italien de la Culture) et Italia Inclusiva 2022 (ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale).
Parmi ses publications figurent Casa Azul (the(M) éditions / studiofaganel, Paris–Gorizia, 2019) et I Don’t Care (About Football) (bruno, Venise, 2023), finaliste de l’Author Book Award aux Rencontres d’Arles.
Régulièrement invitée à donner des conférences et à enseigner, elle a animé des cours et des ateliers dans des institutions telles que l’ABA de Rome et de Venise, l’IED de Milan, le Festival de philosophie de Modène, la Fondazione Sozzani, ainsi que dans les universités d’Udine, de Padoue, de Trieste et de Trente.
Depuis 2024, elle fait partie du collectif The Glorious Mothers.
Projet de recherche
Le travail d’Iacolutti prend son essor à la croisée de l’étude scientifique du système hormonal et d’une recherche de formes visuelles capables de traduire ces processus sous un angle poétique, notamment à travers l’expérimentation de techniques d’impression alternatives. Dans Cangiante, l’artiste explore le cortisol et sa relation avec la respiration, comprise comme une dynamique qui traverse les corps — humains et plus- que-humains — ainsi que les environnements.
De l’infiniment petit des microalgues — responsables d’une part significative du CO2 fixé par photosynthèse sur Terre — jusqu’au corps des baleines, qui peuvent accumuler environ 30 à 33 tonnes de CO2 au cours de leur vie, la recherche met en relation des organismes et des échelles différentes au sein d’un cycle unique. La respiration devient ainsi un processus partagé, un mouvement continu de transformation de la matière qui relie l’atmosphère, l’océan et les corps.
Dans ce contexte, l’artiste réfléchit à la relation entre la respiration et la régulation du stress, en observant comment les pratiques respiratoires conscientes influent sur la production de cortisol et sur la perception de l’équilibre entre activation et calme. Apnéiste, Iacolutti intègre cette expérience corporelle dans sa pratique, articulant son travail entre photographie, performance et vidéo.
Parallèlement, la recherche s’oriente vers une expérimentation matérielle : l’utilisation d’algues échouées comme ressource pour la création d’une émulsion photosensible écologique et durable. Dans cette démarche, la matière organique devient à la fois support et agent de l’image, inscrivant dans le processus photographique les mêmes dynamiques de transformation que celles qui traversent les systèmes biologiques étudiés.
La recherche implique des chercheurs de l’Université de Trieste et de l’OGS – Institut national d’océanographie et de géophysique expérimentale, et a récemment engagé un dialogue avec le CNR (Conseil national de la recherche). Pour l’instant, le projet en est encore à un stade théorique et exploratoire ; cependant, grâce au projet Interreg Italie-Slovénie ALL-MICRO, Iacolutti a pu observer au MEB certains échantillons de diatomées et lancer l’expérimentation d’antotypies (empreintes végétales) avec des algues provenant du golfe de Trieste.
Au cours de sa résidence à Marseille chez Dos Mares, Iacolutti entend entamer un dialogue avec les acteurs scientifiques locaux afin d’approfondir l’étude de l’état écologique du littoral et de la présence d’algues. Parallèlement, il souhaite entrer en contact avec une association de plongeurs en apnée pour développer une série photographique liée à la pratique de la plongée.








