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Laura Astorga Monestel

Costa Rica

Résidence de recherche à Marseille
En partenariat avec l’Alliance française Costa Rica et l’Ambassade de France au Costa Rica.
Du 2 novembre au 5 décembre 2026

@lauraastorgam
Cahier de recherche

Laura Astorga Monestel (1981) est une artiste visuelle née au Costa Rica, où elle vit et travaille. Diplômée en beaux-arts de l’Université du Costa Rica, elle a reçu le Prix national d’arts visuels Francisco Amighetti, la plus importante reconnaissance du pays dans ce domaine. Elle a développé sa carrière principalement autour du dessin, cependant sa pratique inclut également le textile, l’assemblage, la peinture  et l’écriture, entre autres explorations. Quel que soit le médium, ses intérêts sont toujours sociaux et politiques. À travers un style techniquement méticuleux, des formes monstrueuses et des hybridations entre l’humain et l’animal, elle cherche à exalter la nature et à porter une critique de la véritable monstruosité humaine. En 2025, elle a présenté l’exposition Je suis la beauté humaine à la galerie de l’Alliance française du Costa Rica, sous le commissariat de Laurent le Bourhis et Ron Reyes-Sevilla (Dos Mares).

 

La pratique de Laura Astorga Monestel est une forme d’observation critique du présent. À partir d’un langage plastique nourri d’humour, d’ironie et d’hybridation formelle, l’artiste construit une archive vivante des tensions qui traversent notre existence : relations de pouvoir, violence structurelle, détérioration écologique et malaise collectif. Son travail ne cherche pas à représenter la réalité de manière mimétique, mais plutôt à révéler ses fissures, à amplifier ses contradictions, à rendre visibles les mécanismes d’exclusion et les formes subtiles ou grotesques que prend la monstruosité quotidienne.

À travers une production quotidienne de dessins de petit format, elle élabore une classification subjective et affective. Il ne s’agit pas d’êtres fantastiques, mais de figures qui cristallisent des gestes de pouvoir, des débordements émotionnels, des déformations morales. Ce sont des entités en mutation, reflets d’un monde où les catégories traditionnelles deviennent inopérantes. La monstruosité n’est ici ni l’exception ni la marginalité : elle est le langage du présent, le symptôme le plus clair du déséquilibre entre les corps, les systèmes et les territoires.

Par le dessin, Laura organise les typologies de malaises qui naissent du territoire qu’elle habite mais qui dialoguent avec des enjeux globaux : inégalités, normalisation de la violence, fragmentation sociale, effondrement écologique. Chaque figure est un corps altéré, un indice visuel de ce qui se décompose ou résiste. Cette classification ne répond pas à une logique scientifique, mais à une perception aiguë des affections et des dérives du pouvoir qu’elle classe en politique-électoral-affaires, auto-élus, séparés par une fine ligne des diversiformes et diversipensantes et des divers non identifiables.

Le monstrueux n’est pas un accident, mais une condition générée par les systèmes que nous habitons. À partir de cette taxonomie ouverte, familles d’espèces, lignées de malaises, relations de pouvoir qui s’incarnent et mutent, son travail pose une question : comment maintenir des formes de vie partagées sans reproduire encore et encore les logiques de destruction qui nous ont façonnés.

Résidences internationales est un dispositif Dos Mares, centre international de recherche en art.
www.2mares.org

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