Colombie
3 septembre – 3 novembre 2026

Sonnia Yepez
www.sonniayepez.com
Sonnia Yepez Solarte (Buga, Colombie, 1992) est artiste plasticienne. Sa pratique explore les relations entre matière, corps et espace domestique à travers des processus sculpturaux, des installations et des expérimentations avec des matériaux industriels et artisanaux.
« Une partie de notre confiance envers le monde se construit à travers des récits de permanence, de protection et de soin. Dans mon travail sculptural, j’utilise la paraffine, le suif, le sel, le charbon, le cuivre, la porcelaine et le cuir, en associant des processus industriels et artisanaux pour construire des formes reconnaissables de l’espace domestique. Je cherche à préserver leur apparence tout en laissant une autre matière les habiter. Dans ce passage, la forme conserve une mémoire, mais quelque chose en elle cesse de coïncider. Elle demeure familière, bien qu’elle ne puisse plus soutenir entièrement ce que nous attendions d’elle.
Reconnaître une chose, c’est en quelque sorte croire en elle. La représentation, l’apparence, la mythification et la falsification participent aux récits avec lesquels nous donnons forme au monde et apprenons à lui faire confiance. Lorsqu’une forme passe d’une matière à une autre, une partie de son information se perd, s’altère ou s’invente. Mais tout ce qui se perd ne laisse pas un vide ; parfois, la perte ouvre un impossible et permet l’apparition d’une réalité qui n’était pas contenue dans la forme initiale. C’est là que reconnaître cesse d’être une certitude : nous ne savons plus tout à fait ce que nous avons devant nous, bien que quelque chose nous pousse à continuer d’y croire. La foi apparaît alors comme une relation matérielle et affective qui se construit, se cultive et se transmet.
Je reviens aux choses les plus proches, car c’est là que l’étrange peut demeurer caché sous une apparence familière. Ce qui m’intéresse, c’est de porter attention à cet instant infime où quelque chose de quotidien cesse de coïncider avec soi-même et nous oblige à regarder à nouveau. Je ne cherche pas à résoudre cette étrangeté, mais à y demeurer assez longtemps pour qu’une autre relation à la matière et à la réalité puisse apparaître.
Je ne comprends pas la foi comme une certitude ni comme une réponse, mais comme la relation qui persiste lorsqu’il n’existe plus de garanties. Croire, c’est peut-être continuer de s’approcher de quelque chose même lorsqu’on ne peut prouver que cela nous soutiendra. À partir de là, faire une œuvre devient une forme d’attention et de soin : rester auprès de la matière lorsqu’elle cesse d’obéir à nos attentes, et écouter le récit qu’elle commence à construire par elle-même. Chaque œuvre interroge la part du monde que soutiennent les choses, et la part que nous déposons en elles pour pouvoir nous-mêmes tenir debout. »
Elle est titulaire d’un master en Arts Plastiques de l’Universidad de Caldas et d’un master en Arts Plastiques et Visuels de l’Universidad Nacional de Colombia, où sa thèse a reçu une mention méritoire. Elle a également suivi le Programme d’Artistes de l’Universidad Torcuato Di Tella, à Buenos Aires.
Elle a participé à des résidences et des programmes de recherche tels que URRA Tigre (Argentine), Collblanc (Espagne), la résidence de recherche et de production du 16e Salon Régional des Artistes – Centre Occident, du Ministère de la Culture de Colombie, ainsi que le programme d’échange du Banco Santander au Mexique. Elle a été finaliste du Premio Arte Joven.
Son œuvre a été présentée individuellement au Musée La Tertulia, à l’Universidad de los Andes, à FORO.SPACE et à la Pinacothèque des Beaux-Arts de Manizales. Elle a participé à des expositions collectives dans des institutions et des espaces tels que le Musée d’Antioquia, le Musée d’Art Moderne de Medellín, le Musée d’Art Miguel Urrutia, le Musée d’Art de l’Universidad Nacional de Colombia, la Galería Nueveochenta et l’Espacio Che.LA, à Buenos Aires. Elle a également participé au Salón ACME, à ARTBO et à Art Dubai.
Son œuvre fait partie des collections du Musée La Tertulia et du Musée d’Art Moderne de Cartagena. Elle a également collaboré à des projets éditoriaux tels que KAP, développé par Estudio EDIT et Kasko à Bâle.





